Mon dispositif de classe 2021-2022

Ou quand une enseignante affine son dispositif de l’année dernière…. pour une pédagogie encore plus centrée sur l’enfant.

Comme je l’expliquais dans mon dispositif 2019-2020, je suis sensible aux pédagogies alternatives lorsqu’elles sont mixées entre elles.

Mes tendances vont vers les pédagogies Freinet, Steiner et toutes les pédagogies s’appuyant sur les intelligences multiples. Mais je suis régulièrement les autres pédagogies telles que Montessori (notamment pour leurs supports de manipulation).

Je suis également sensible aux fonctions exécutives que je suis encore en train d’étudier et que je trouve essentielles pour gagner en autonomie et en efficacité de travail.

Ainsi se détermine mon dispositif en se penchant sur toutes ces pédagogies, convaincue qu’en les réadaptant à notre époque, cela peut aider nos élèves à devenir des adultes complets.

Il semblerait que la classe flexible soit aujourd’hui très en vogue, en parcourant les nombreux blogs scolaires.

J’ai tenté de mettre en place ce dispositif l’année dernière en expérimentant beaucoup de choses ce qui m’a permis d’affiner mes intentions pédagogiques.

Aujourd’hui, je ne pourrais pas affirmer que je suis dans un dispositif flexible total car encore une fois certaines caractéristiques du flexible ne correspondent pas à mes attentes, ou du moins pas encore. L’idée doit peut-être encore faire son chemin. Aujourd’hui, je prends au flexible ce qui m’intéresse, je prends à Freinet et aux autres ce qui m’intéresse aussi et je compose, j’ajuste en fonction de mes attentes mais aussi des besoins de mes élèves.

Voici mon dispositif :

Les fondamentaux :

Les fondamentaux sont travaillés en groupe homogènes de 4 à 6 élèves, voire en demie classe.

Les groupes homogènes me permettent de cibler concrètement les besoins des élèves en difficultés, mais aussi les élèves qui n’en ont pas et de leur permettre un apprentissage à leur rythme. Je leur propose un apprentissage à leur niveau que je peux tirer progressivement vers le haut. Quand c’est trop haut, ils abandonnent, quand c’est trop bas, ils abandonnent aussi!

Résolution de problèmes, étude de la langue, lecture fluence/décodage, numération, calculs… Tout se travaille de cette façon dans ma classe.

Table du travail dirigé face au tableau central

J’intègre dans les fondamentaux, la carte mentale que nous commentons (méthodologie pour être en mesure d’en créer plus tard) mais aussi les capsules vidéo canopé accessibles en classe par QR codes en groupe dirigé mais aussi en autonomie.

https://lesfondamentaux.reseau-canope.fr/actualite/details/du-nouveau-sur-les-fondamentaux

Concernant la lecture compréhension, je fonctionne en demie classe pour que le travail d’échange soit plus dynamique.

Les autres disciplines :

Je m’appuie sur la classe entière, le travail de groupe, pour mettre en place des expérimentations, des recherches, des constructions d’exposés, des jeux linguistiques.

La place du numérique :

Le numérique doit servir aux développement de compétences fondamentales mais pas que. Il doit aussi permettre à l’élève d’accéder au monde encore plus en Polynésie Française qui est isolée par la mer.

Espace numérique pour 5 ordinateurs, une imprimante, 5 ipads

Intégrer les outils numériques en classe n’est pas chose facile, car beaucoup d’enfants ont un rapport addictif aux écrans alors que je recherche une utilisation du numérique à bon escient : pour faire des recherches, pour maîtriser un ENT, pour s’entraîner sur une notion, pour se cultiver, pour monter un article, ou alimenter un blog …

L’outil numérique ne doit pas être vu comme un jouet permettant d’accéder à des activités de jeux libres pendant un temps autonome.

C’est pour cela qu’une éducation au numérique est selon moi importante. Le numérique doit rentrer dans un processus d’auto-formation de l’élève.

Le plan de travail individuel :

J’utilise le plan de travail individuel depuis un an. Expérimenté en CE1-CE2, j’ai l’ai beaucoup apprécié.

Il n’est pas simple à intégrer car l’élève doit déjà avoir développé des habitudes de travail, doit avoir gagné en autonomie mais surtout comprendre qu’il travaille pour lui et lui seul. Nous nous appuyons ici sur une motivation intrinsèque et c’est la plus difficile à développer chez un enfant qui fait souvent les choses pour faire plaisir à quelqu’un.

Certains élèves seront très performants avec un plan de travail individuel, d’autres auront besoin d’être motivés par l’enseignant pour avancer. J’ai souvent mis ces élèves dans un processus de tutorat accompagné par des élèves performants avec un plan de travail pour les motiver à avancer, ce qui a souvent bien fonctionné.

Le plan de travail est relié à toutes les activités balisées en classe rangées dans des tiroirs ou des boîtes. Chaque élève suit son plan de travail et se dirige vers ses activités balisées en classe. Tout est organisé pour que l’élève se repère et se mettent au travail sans difficulté. Travail individuel, en tutorat, le plan de travail est à la carte, en fonction des profils de mes élèves, de leur niveau, de leur rythme de travail.

Malgré tout, qui dit plan de travail individuel, ne dit pas autonomie totale. En tant qu’enseignante, je reste garante du travail qui se fait, et je me dois de suivre mes élèves au cours de la journée sur ce qui se passe du côté autonome. J’invite fréquemment des élèves à m’expliquer où ils en sont, s’il ont besoin d’une aide pour une activité, de me montrer leur activité finie, et même de corriger un exercice pour les encourager à continuer.

Ce qui me plaît dans l’utilisation d’un plan de travail individuel c’est la possibilité de différencier le travail en fonction du niveau de chacun. Différenciation par le nombre d’activités, par les supports, par la difficulté des exercices….

Les exposés oraux :

Le langage oral est souvent une discipline transversale difficile à travailler. Particulièrement dans notre contexte local, nous retrouvons souvent dans le projet d’école, un axe de travail concernant le langage oral car il représente un gros challenge pour nos élèves polynésiens.

Lorsque j’ai évolué aux Etats-Unis, j’ai pu me rendre compte à quel point les enfants étaient particulièrement à l’aise en public et cela dès les petites classes. Très vite j’ai compris que le système favorisait le langage oral très tôt, la prise de parole en public à travers différentes activités comme le « show and tell », les exposés de sciences appuyés sur des maquettes réalisées par les enfants (enfin souvent accompagnés par les parents).

Je développe cette année dans ma classe, l’exposé oral comme une discipline transversale forte. Ils me serviront à monter notre classeur PEAC, mais aussi en sciences et en histoire pour mettre en avant certains sujets. Je pousse donc mes élèves à construire une culture générale qui leur servira plus tard à évoluer en société.

Pendant la période 1, nous avons travaillé sur la méthodologie de l’exposé (dès les premiers jours) pour qu’ils puissent les monter en autonomie avec comme outils, des ordinateurs connectés, une imprimante et de grandes affiches canson disponibles dans la classe. Pour développer la coopération de ma classe, les élèves doivent faire leurs exposés à deux (ils choisissent leur partenaire, pour laisser place à l’affinité de travail). Ils devront proposer un exposé par période sur le sujet PEAC de leur choix dans les 6 domaines de l’art (abordant aussi l’histoire de l’art)

Le conseil des élèves :

Cela fait un an que je veux installer le conseil des élèves dans ma classe. Ça sera donc une première pour moi. Je suis actuellement en train d’étudier le concept afin de pouvoir mieux encadrer. J’ai pu échanger avec des collègues qui l’ont expérimenté. Je dis juste woaw pour le moment!

Les objectifs derrière le conseil des élèves que je souhaite mener avec mes élèves, est apprendre à gérer ses émotions, utilisant la parole pour communiquer et trouver une solution à un problème, mais aussi construire une cohésion de classe, amener mes élèves à être acteurs de leur projets, prendre des initiatives, devenir citoyens!

L’évaluation :

Cette année, je vais évaluer les élèves en utilisant les ceintures de compétences. J’ai l’intention de préparer des tableaux de compétences individuels afin que les élèves puissent se repérer dans leurs apprentissages. Les élèves pourront passer leurs ceintures au fur et à mesure de la période pour valider des compétences. Encore en cours d’installation dans ma classe. Aucune compétence n’a encore été évaluée compte tenu de la situation sanitaire.