Mes rituels de classe

J’accorde une grande importance aux rituels car ils me permettent d’instaurer la répétition des notions, qui va aider à la mémorisation, qui va soutenir l’acquisition. Ils représentent 25 minutes à 30 minutes sur mon emploi du temps, tous les matins en arrivant en classe.

J’ai dédié un tableau à mes rituels qui reste affiché toute la journée.

Première étape : On donne la date et on la coche dans le calendrier affiché. C’est la construction du temps qui passe. Parfois on prend le temps de compter le nombre de jours restant avant les vacances, le nombre de jours passés depuis la rentrée. On prend le temps de regarder les anniversaires du mois, on souhaite l’anniversaire du jour!

Les élèves sortent leur cahier du jour et écrivent la date, puis « écriture » selon la mise en page imposée. Je passe encore dans les rangs pour vérifier et accompagner certains élèves. Certains de mes élèves ont encore des difficultés avec la gestion de l’espace sur le cahier, et ont de grosses difficultés d’écriture. Nous sommes en train de mener un gros travail de fond concernant ces difficultés.

Deuxième étape : Les élèves sortent leurs ardoises. Il savent que je vais faire une dictée flash en PLM sur les mots invariables de la semaine. C’est très dynamique, mes élèves aiment cette activité. Ils sont très réceptifs. « Maîtresse, maîtresse et moi et moi! – Mais oui j’ai vu ton ardoise et c’est juste, bravo. »
Ils sont marrants parce que je regarde les ardoises rapidement en un instant et je m’arrête uniquement sur les ardoises fausses : « Ah là, corrige, il y a une petite erreur, il manque une lettre! » alors l’élève regarde chez le voisin et se corrige. Il a regardé le mot bien écrit et il est en train d’identifier la lettre manquante à son mot et bien l’écrire en s’aidant de l’ardoise du camarade. »« Et là et là maitresse c’est juste? – Oui c’est juste, bravo…J’écris le mot au tableau. Allez on efface soyez prêts! »

J’en profite pour intégrer les nombres en lettres (un autre cheval de bataille dans ma classe). La mémorisation fonctionne! Quand je pense à l’orthographe bizarre de certains mots outils en début d’année… je me dis que je reviens de loin!

Troisième étape : « Chaque jour compte ». On inscrit le nombre du jour au tableau et tout le monde cherche sur son ardoise une décomposition de ce nombre. J’inscris toutes les bonnes réponses au tableau. Là encore l’activité est très dynamique. Les élèves aiment cette activité car elle permet plusieurs réponses. Je suis obligée de leur dire « Bon allez on va s’arrêter là, il faut qu’on avance! »

Quatrième étape : « Le mot du jour ». Ce rituel me permet de travailler le lexique. Je prends un mot de notre mur de mots que j’inscris au tableau.
« Qui me rappelle la définition de ce mot? … Allez les enfants, donnez moi un synonyme de ce mot, … un antonyme? …. Et des mots de la même famille? »
On en profite pour réexpliquer les notions. « Qu’est ce qu’un mot de la même famille? »

Les mots du « mur de mots » sont des mots que nous découvrons dans les lectures, dans les conversations en classe. On les inscrit pour ne pas les oublier, mais surtout on les réutilise pour « le mot du jour ». (Une activité de production d’écrits peut être menée également autour de ces mots affichés)

La photo a été prise en début d’année. Le tableau est un peu plus rempli aujourd’hui
Le mur de mots est un affichage important de ma classe.

Cinquième étape : « L’énigme du jour ». Elle sera résolue après la cantine. Je leur lis simplement l’énigme, et je la laisse affichée. Les élèves sont libres d’y réfléchir pendant leurs activités autonomes lorsqu’ils ont fini leur travail ou pendant les récréations entre pairs. En général, certains veulent tout de suite résoudre l’énigme. Mais je dis « Non, je ne veux rien savoir pour le moment! Après la cantine! »
Ce que j’attends derrière cette directive c’est l’échange entre eux, l’explication entre pairs mais surtout je veux donner du temps à ceux qui ont besoin de construire leur raisonnement.
J’ai commencé par des énigmes très simples pour leur donner envie d’aller chercher la réponse. Je vais complexifier les énigmes au fur et à mesure.

Sixième étape : « La phrase du jour ». Je choisis une phrase qui est liée à notre lecture compréhension de la semaine. Sur l’ardoise, ils relèvent les déterminants, les mots invariables, les noms propres, les noms communs, que je balise avec des feutres de couleurs. J’en profite pour faire identifier le verbe, les adjectifs pour amorcer notre travail à venir. J’utilise une couleur par classe de mots. En attribuant une couleur à une classe de mot, je crée un visuel, une association couleur/mots qui permet une mémorisation plus facile. Les mots coloriés ou entourés en bleu sont des noms.

C’est à ce moment là que je reprends des notions de grammaire encore instables.

« Vous m’avez dit que CE est un déterminant, mais de quel déterminant s’agit-il? » Vous me dites que « est » est le verbe, … oui, je suis d’accord avec vous mais de quel verbe s’agit-il? » « Pourquoi AFFREUX n’est pas un nom ici? … Ah oui parce que ça dit comment est le bruit, ça donne une information sur le bruit, oui c’est ça… » autant d’opportunités pour revenir sur les notions en cours et les fixer, tous les jours en s’appuyant sur la répétition.

Je vais faire évoluer « la phase du jour » pour la prochaine période. Mes élèves ont besoin de progresser en production d’écrit. Donc à partir de la période 4, c’est eux qui vont construire la phrase, à partir d’une image. « La phrase du jour » deviendra « l’image du jour ».

Je serai là pour étayer et les aider à améliorer leur phrase commune. « Bon les enfants, c’est un peu simple, là. On ne peut pas rajouter des choses? Vous connaissez des mots invariables, … allez, aidez moi à rendre cette phrase plus jolie. Et des adjectifs? On ne peut pas mettre des adjectifs ? On ne peut pas dire comment est ce chien sur l’image? blanc, oui, petit, oui, regardez les mots du mur. On ne peut pas piocher dans notre mur de mots?
C’est un travail qu’ils retrouveront en autonomie ensuite et qu’ils sauront faire car on l’aura vu en groupe classe tous les jours, pour construire une méthode de production d’écrits.

Une fois construite, on en fera l’analyse grammaticale habituelle comme avec « la phrase du jour »

Septième étape : On écrit la phrase du jour dans son cahier du jour et on s’applique parce que je passe dans les rangs pour vérifier que l’écriture est propre et la phrase bien recopiée. C’est un moment que je donne à ceux qui sont en difficulté d’écriture en les accompagnant dans la formation de leurs lettres.

J’ai pu remarquer que la répétition quotidienne de certaines notions, de certaines orthographes, avaient mené beaucoup d’élèves à les maîtriser. L’instant court (3 à 5 minutes environ) et les différents supports (cahier du jour, tableau, ardoise) attribués à chaque étape, permettent une attention accrue et une dynamique favorable à la motivation et aux fixations des notions. En tant qu’enseignante, je donne le rythme pour que les esprits se réveillent et les automatismes se créent, je suis le chef d’orchestre des rituels.